YANAGISAWA /FR

Comme convenu, je reçois aujourd’hui des prototypes à tester : un nouveau saxophone et 3 nouveaux bocaux. Cela fait 25 ans que j’ai le plaisir de collaborer avec mes amis Japonais.

Aujourd’hui est donc un bon jour pour vous parler des saxophones Yanagisawa.



Tout a commencé pour moi en 1997.

Je jouais Selmer à l’époque et j’étais en recherche de 2 nouvelles choses :

- Un son un peu plus léger, un peu plus boisé, un peu plus « old school » comme les Buffet-Crampon.

- Une intonation plus malléable, un peu moins centrée, plus « saxophone à coulisse » :-D.



Quand Manu Fillat a eu la bonne idée de me faire essayer son alto, j’ai immédiatement senti que le rapport à l’intonation était ce qu’il me fallait. C’était souple et plein de possibilités. De plus, le son avait ce coté « japonais facile» que les pianistes connaissent bien quand ils débattent des vertus respectives (et des travers) d’un Yamaha par rapport à un Steinway.

Cela allait dans le sens de ce que je voulais, mais ayant tendance à souffler comme un bœuf, le modèle de l’époque (Elimona 901) manquait de résistance et j’avais trop l’impression de pousser la résonance à la limite de ce que le métal pouvait supporter.



Roland Miane (toujours distributeur de la marque chez Dôme France) et JS Musique m’ont alors fait venir un alto argent massif des Pays-Bas, puis un soprano que j’ai joués pendant….1 an !

Après les avoir malmenés en concert, en solo, avec piano, avec orchestre, après avoir voyagé avec pour m’en faire une opinion très précise à un niveau professionnel, nous avons entériné notre collaboration.

Roland m’a alors dit « Bon, mon JD...sache d’abord que nous ne sommes pas Nike et que tu n’es pas Michael Jordan...», le ton était donné ! C’est véritablement ce qui doit guider le sponsoring en art : aimer le produit, aimer l’esprit de ceux qui le créent, et se sentir en phase avec l’identité de la marque.

J’aime Yanagisawa parceque leur saxophones correspondent à ma voix, à mon identité de son et de phrasé.

J’aime Yanagisawa parce c’est une entreprise familiale dont les membres ont les yeux qui brillent lorsqu’ils parlent de leurs « jouets ».

J’aime Yanagisawa parcequ’ils ne produisent que des saxophones, en petites quantités, dans un esprit exclusif d’orfèvrerie.

Lors de mon premier voyage au Japon en 2001, la rencontre avec Nobushige Yanagisawa et Hirokazu Kurata a fini de me séduire. Aujourd’hui, Hidemasa Sato et le fils Yanagisawa perpétuent cette longue amitié.



Pour les plus jeunes, ne vous faites pas une idée hâtive d’un saxophone soufflé 5 minutes dans le brouhaha d’un salon ou d’un congrès. Essayez de déceler si l’instrument va potentiellement dans la direction de vos aspirations et à partir de là, essayez sur le long terme, quitte à retourner régulièrement faire des séances chez votre magasin préféré.

Je sais par exemple avoir eu de très bonnes sensations sur des marques pour l’instant confidentielles comme Forestone ou Sequoia. Tout est aujourd’hui possible. La pensée unique n’est jamais une bonne chose de manière générale, mais encore plus en art en particulier.

Jouer Yanagisawa était un peu un pari à l’époque, car si l’on savait que Selmer pouvait faire sonner idéalement du classique avec Claude et les Diastema, si l’on savait que Yamaha fonctionnait merveilleusement avec Jean-Yves et Nobuya, il n’existait alors aucun artiste de stature internationale ayant prouvé que cette marque pouvait se hisser au plus haut niveau. Il aura fallut du temps pour que tous mes doutes s’effacent. Je me souviens d’ailleurs avoir eu un large soulagement quand 2 de mes étudiants (Pascal Bonnet et Julien Chatellier, membres de Squillante) ont intégré le CNSMDP avec leur Yanagisawa. Cela m’avait conforté dans l’idée que je n’étais pas fou. D’autres ont suivi depuis, le plus récent étant Marin Balssa dont le passage sur Yanagisawa alto a été une belle « mise en phase ».



Alors qu’ont-ils de spécial ces instruments ?

Certains disent qu’ils sont plus justes...et bien je ne crois pas !!! Ils réagissent différemment au travail de l’intonation, ça c’est vrai ! La marge de correction est très large. Je peux par exemple jouer un do# médium sans doigté de correction, plus bas, juste... ou plus haut ! Ça ne veux pas dire que l’instrument est plus juste, mais que le choix est très vaste pour qui sait ce qu’il a envie d’entendre.

La mécanique est sûre. Ça c’est un avis communément admis chez les réparateurs...et force est d’avouer que pour quelqu’un comme moi qui suis très peu soigneux avec mes instruments, pouvoir faire confiance à la qualité de fabrication avec un entretien très peu méticuleux est un luxe que j’apprécie.

Le son enfin...pour moi le mix parfait entre la profondeur d’un Selmer, la séduction immédiate d’un Yamaha et le charme désuet d’un Buffet Crampon (c’est mon ressenti bien sûr, il n’y a pas 1 vérité dans ce domaine). Les séries bronze me séduisent de plus en plus, avec de l’argent (bocal) pour donner de l’épaisseur, c’est un choix que j’adore (c’est mon actuel setup au ténor).

Bref, essayez-ces instruments, ils ont une âme particulière et valent vraiment le détour !




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